JULIEN ALOUR // Jazz

Date de sortie : 24 AVRIL
Concert de sortie : 5 JUIN AU SUNSIDE A PARIS
Label : GAYA MUSIC PRODUCTION
Distribution : ABEILLE MUSIQUE

JULIEN ALOUR

« Le Williwaw, me dit-on, est le nom d’un vent, un vent turbulent et imprévisible qui descend par rafales des sommets glacés dans les régions extrêmes des Amériques pour, parfois, semer la tempête et faire sombrer les navires. Sous des dehors calmes et taciturnes, turbulent et imprévisible, Julien Alour l’est assurément ; il n’embouche pas sa trompette pour le seul plaisir de faire vibrer le cuivre mais, dès la première note, avec l’intention de soulever les passions et de faire chavirer les âmes de ceux qui l’écoutent. Froid, en revanche, non, il ne l’est en rien. Tout au contraire, il brûle plutôt de ce feu sacré du jazz qui se transmet, par des jeux de filiations adoptives, entre musiciens, animé par une ardeur à jouer qui l’inscrit dans la descendance des grands héros de son instrument, moins par le style qui pourrait être le sien que par l’intention, l’engagement, l’énergie qu’il met à faire émerger la musique.

En une époque qui tend à placer le concept avant l’émotion, où le discours prend souvent le pas sur l’oeuvre, entendre Julien Alour vouloir jouer le jeu du jazz sans fard ni artifice, vouloir revenir à ce qu’il comporte de spontané et d’intuitif sans pour autant céder un pouce à l’approximation ou à la facilité, entendre, donc, un trompettiste de 34 ans se placer à l’endroit précis où naît le son d’un groupe et s’anime le swing, voilà qui a de quoi nous réjouir mais, surtout, nous rappeler le pouvoir d’embrasement de cette musique, sa puissance communicative, son caractère volatil tant elle est liée à ceux qui la font et à l’instant où ils la créent.
À cet égard, Julien Alour a su s’entourer de musiciens qui partagent les mêmes valeurs ou, devrait-on dire, qui se chauffent du même bois (et qui, par la même occasion, comme ils aiment à le dire, en « envoient »). Non qu’il soit question d’abattage mais bien de cet élan commun, de cette alliance des gestes et des inspirations qui font qu’un quintet de jazz est toujours bien plus que la simple addition de ceux qui le composent et s’irradie des talents de ceux qu’il réunit.

Julien Alour ne s’est pas pressé pour faire son premier disque. Il aurait pu en faire bien d’autres, bien plus tôt, surfer sur des vagues groovy, jouer les belles gueules de jeune homme à la trompette.
Il a préféré attendre, mûrir, respirer, avoir non pas quelque chose à dire (au fond la musique ne nous dit que ce que nous voulons bien y entendre) mais à exprimer (la nuance n’est pas négligeable), nourri de ceux qu’il aime et admire, passés au tamis de sa propre sensibilité…
Avec Williwaw un vent se lève, qui n’est pas près de retomber. »

Vincent Bessières

Concerts //


05/06/2014 SUNSIDE PARIS